Congé de proche aidant 2026 : conditions, durée, indemnisation (AJPA)
Par Pierre Filstroff · droits 5 min de lecture
Le congé de proche aidant : votre droit de souffler
Vous travaillez à temps plein et vous aidez un parent dépendant. Les rendez-vous médicaux tombent en semaine. Les urgences ne préviennent pas. Et vos RTT sont épuisés depuis longtemps.
Le congé de proche aidant existe précisément pour cette situation. Pourtant, selon les chiffres de la CNSA, moins de 5 % des aidants éligibles en font la demande. Pourquoi ? Parce que les conditions sont mal connues et les démarches semblent complexes.
Ce guide vous explique tout, simplement. Il fait partie de notre panorama des droits de l'aidant : pour situer le congé parmi les autres dispositifs, voir le guide complet des aides et droits de l'aidant familial en 2026.
Dernière mise à jour : mars 2026
Qui peut en bénéficier ?
Conditions liées à l'aidant
Vous pouvez demander un congé de proche aidant si vous êtes :
- Salarié(e) du secteur privé (CDI, CDD, intérim)
- Fonctionnaire (les règles diffèrent légèrement)
- En activité depuis au moins 1 an dans l'entreprise (cette condition a été supprimée en 2022 pour le secteur privé)
Aucune condition d'ancienneté n'est requise depuis la loi du 21 décembre 2022.
Conditions liées au proche aidé
Le proche que vous aidez doit être :
- En situation de handicap (taux d'incapacité ≥ 80 %)
- Ou en perte d'autonomie (GIR 1 à 3, évalué par l'équipe médico-sociale APA)
Le proche peut être votre :
- Conjoint(e), concubin(e), partenaire PACS
- Ascendant (parent, grand-parent)
- Descendant (enfant, petit-enfant)
- Collatéral jusqu'au 4e degré (frère, sœur, oncle, tante, cousin)
- Personne âgée ou handicapée avec laquelle vous résidez ou entretenez des liens étroits et stables
Quelle durée ?
Le congé de proche aidant peut être pris :
- En continu : jusqu'à 3 mois, renouvelable
- En fractionné : par demi-journées ou journées
- À temps partiel : réduction du temps de travail
La durée maximale totale sur l'ensemble de la carrière est de 1 an (tous employeurs confondus).
Le fractionnement est souvent la meilleure option : il permet de s'absenter pour les rendez-vous médicaux ou les urgences sans quitter complètement son emploi.
L'indemnisation : l'AJPA
Qu'est-ce que l'AJPA ?
L'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) est versée par la CAF (ou la MSA) pour compenser la perte de revenus pendant le congé. Nous lui consacrons un guide dédié à l'AJPA ; en voici l'essentiel.
Montant 2026
Depuis l'unification des barèmes, l'AJPA est versée à un montant unique, quelle que soit votre situation familiale :
| Durée d'absence | Montant journalier |
|---|---|
| Journée complète | 66,64 € |
| Demi-journée | 33,32 € |
Le montant est revalorisé chaque année. L'AJPA est versée dans la limite de 66 jours par proche aidé — un droit devenu rechargeable depuis 2025 (jusqu'à 4 personnes, soit 264 jours maximum sur la carrière).
Calcul concret
Si vous prenez 22 jours de congé (un mois complet) :
- 22 × 66,64 € = 1 466,08 € pour le mois
- C'est moins qu'un salaire, mais c'est un droit — pas une faveur
Comment la demander ?
- Informez votre employeur du congé (voir démarches ci-dessous)
- Faites votre demande sur le site de la CAF (caf.fr) ou de la MSA
- Joignez les justificatifs : attestation du lien de parenté, justificatif de la perte d'autonomie (notification d'APA mentionnant le GIR, ou taux d'incapacité MDPH)
- Le versement intervient dans le mois suivant la demande
Les démarches auprès de l'employeur
Délai de prévenance
Vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant la date souhaitée (ou 15 jours en cas de fractionnement).
En cas d'urgence liée à la dégradation soudaine de l'état du proche, le congé peut être pris sans délai.
Forme de la demande
La demande doit être faite par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Elle doit préciser :
- La date de début du congé
- La durée souhaitée
- Les modalités (continu, fractionné, temps partiel)
L'employeur peut-il refuser ?
Non. L'employeur ne peut pas refuser le congé de proche aidant. C'est un droit, pas une autorisation. Il peut uniquement demander un report de 6 jours en cas de fractionnement.
Protection de l'emploi
Pendant le congé :
- Votre contrat de travail est suspendu (pas rompu)
- Vous ne pouvez pas être licencié(e) en raison du congé
- À votre retour, vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent
- La période de congé est prise en compte pour le calcul de l'ancienneté
Les alternatives au congé
Si le congé de proche aidant ne correspond pas à votre situation, d'autres dispositifs existent :
Le don de jours de repos
Vos collègues peuvent vous donner des jours de congé ou de RTT. L'entreprise organise un appel aux dons. Les jours donnés sont anonymes.
Le temps partiel pour motif familial
Moins radical que le congé, le passage à temps partiel permet de réduire votre activité tout en maintenant un revenu.
Le télétravail aménagé
De plus en plus d'entreprises acceptent un aménagement du télétravail pour les aidants. Négociez avec votre employeur — beaucoup sont compréhensifs quand la situation est clairement expliquée.
Ce qu'il faut retenir
| Point clé | Détail |
|---|---|
| Qui | Tout salarié aidant un proche dépendant (GIR 1-3) ou handicapé (≥ 80%) |
| Durée | Jusqu'à 3 mois renouvelable, 1 an max sur la carrière |
| Indemnisation | AJPA : 66,64 € / jour, 66 jours par proche (rechargeable) |
| Délai | 1 mois (15 jours si fractionné, immédiat en urgence) |
| Refus employeur | Impossible — c'est un droit |
| Protection | Emploi garanti au retour |
Le congé de proche aidant n'est pas une solution miracle. Mais c'est un outil concret pour souffler quand la pression devient trop forte. Et vous y avez droit.
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