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Hébergement temporaire personne âgée : prix, démarches et aides financières

Par Pierre Filstroff · guides 5 min de lecture

L'hébergement temporaire : souffler quelques jours sans abandonner

L'hébergement temporaire, c'est la possibilité de faire séjourner votre proche en établissement — EHPAD, résidence autonomie ou structure spécialisée — pour quelques jours à quelques semaines, tout en conservant son domicile et sa place dans votre vie quotidienne.

Ce n'est pas une mise en maison de retraite. C'est un séjour limité, prévu à l'avance, qui vous permet de :
- Partir en vacances sans vous ronger d'inquiétude
- Récupérer après un épuisement ou une maladie
- Gérer une urgence personnelle ou professionnelle
- Prendre un recul nécessaire pour tenir sur le long terme

En France, l'hébergement temporaire peut durer jusqu'à 90 jours par an dans le même établissement (hébergement des personnes âgées, service-public.fr). C'est l'une des grandes formes de répit pour les aidants.

Dernière mise à jour : avril 2026

Combien ça coûte ?

Le tarif varie selon le type d'établissement et la région :

Type de chambre Tarif indicatif/jour
Chambre simple en EHPAD 60 à 150 €
Chambre double 50 à 120 €
Unité spécialisée Alzheimer 80 à 180 €

Ces tarifs incluent l'hébergement, les repas, les soins de base et l'animation. Ils peuvent sembler élevés, mais plusieurs aides permettent de les réduire significativement.

Les aides financières disponibles

L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie)

C'est la principale aide pour financer l'hébergement temporaire. Si votre proche est classé en GIR 1 à 4, son plan d'aide APA peut inclure des jours d'hébergement temporaire financés par le Conseil Départemental.

Le montant dépend du niveau de dépendance (GIR) et des ressources du bénéficiaire. Pour un GIR 2, cela peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois.

Le droit au répit de l'aidant (environ 530 €/an depuis 2016) peut financer des jours supplémentaires d'hébergement temporaire, en complément du plan d'aide classique (droit au répit, service-public.fr).

L'Aide Sociale à l'Hébergement (ASH)

Si les ressources de votre proche ne suffisent pas à couvrir les frais d'hébergement, le Conseil Départemental peut prendre en charge le reste — c'est l'ASH.

Pour en bénéficier, l'établissement doit être habilité aide sociale (aide sociale à l'hébergement, service-public.fr). Tous ne le sont pas : vérifiez ce point avant de faire votre demande. Notre répertoire de structures de répit indique pour chaque établissement s'il est habilité aide sociale.

La demande d'ASH se fait auprès du CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) de la commune ou du Conseil Départemental. Les délais peuvent être longs — anticipez.

La déduction fiscale

Les dépenses d'hébergement temporaire pour un parent dépendant ouvrent droit à une réduction d'impôt de 25 % dans la limite de 10 000 € par an (soit jusqu'à 2 500 € de réduction) (réduction d'impôt frais de dépendance et d'hébergement, service-public.fr).

Les aides des mutuelles

Beaucoup de mutuelles et de caisses de retraite proposent des aides spécifiques pour l'hébergement temporaire. Contactez directement la mutuelle et la caisse de retraite de votre proche — ces aides sont souvent méconnues et sous-utilisées.

Comment faire une demande ?

1. Identifier les établissements

Commencez par lister les établissements proches qui proposent de l'hébergement temporaire et correspondent aux besoins de votre proche (unité Alzheimer, niveau de dépendance, transport possible…).

👉 Trouver un hébergement temporaire près de chez vous

2. Contacter les établissements directement

Appelez ou envoyez un email pour vérifier les disponibilités, les tarifs, et les conditions d'admission. Demandez à visiter si possible.

3. Constituer le dossier médical

L'admission nécessite généralement :
- Un certificat médical récent
- Le bilan de dépendance (GIR)
- La liste des médicaments
- Les coordonnées du médecin traitant

4. Faire la demande d'APA si nécessaire

Si votre proche ne perçoit pas encore l'APA, faites la demande auprès du Conseil Départemental. L'évaluation à domicile est gratuite. Les délais sont de quelques semaines à quelques mois — anticipez.

5. Préparer votre proche

L'adaptation à un environnement inconnu peut être stressante, notamment en cas de troubles cognitifs. Quelques objets familiers (photo, couverture, livre favori), une visite préalable si possible, et des explications simples et rassurantes facilitent grandement la transition.

Hébergement temporaire et Alzheimer

Si votre proche est atteint d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, vérifiez que l'établissement dispose d'une unité spécialisée — personnel formé, environnement adapté, protocoles de prise en charge spécifiques.

Un séjour dans un établissement non adapté peut être déstabilisant pour une personne atteinte de troubles cognitifs. La qualité de l'accompagnement fait une différence considérable.

Anticiper, pas subir

L'erreur classique : attendre d'être en situation de crise pour chercher une solution de répit. À ce stade, il est souvent trop tard pour trouver une place rapidement, constituer les dossiers d'aide, et préparer votre proche sereinement.

Planifiez votre premier séjour de répit avant d'en avoir besoin. C'est le conseil le plus pratique que nous puissions donner.

Pour aller plus loin :
- Structures de répit pour aidants : accueil de jour, hébergement temporaire
- Trouver un hébergement temporaire près de chez vous
- Aidant familial : le guide complet des droits et aides en 2026


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