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Structures de répit pour aidants : accueil de jour, hébergement temporaire — comment trouver ?

Par Pierre Filstroff · guides 6 min de lecture

Pourquoi le répit n'est pas un luxe

Prendre soin d'un proche dépendant au quotidien, c'est un travail à plein temps — souvent sans congés, sans week-ends, sans relâche. En France, 11 millions de personnes se retrouvent dans cette situation, et la majorité n'ont jamais entendu parler des dispositifs qui existent pour souffler.

Le répit, c'est une interruption temporaire de l'aide, pendant laquelle votre proche est pris en charge par des professionnels. Ce n'est pas un abandon. C'est une nécessité.

Les études montrent qu'un aidant épuisé finit par prendre des risques pour lui-même et pour la personne qu'il accompagne. Le répit protège les deux. Il fait partie des droits que nous détaillons dans notre aidant familial : le guide complet des droits et aides en 2026.

Dernière mise à jour : avril 2026

Les deux grandes formes de répit institutionnel

L'accueil de jour

Votre proche se rend dans l'établissement quelques jours par semaine, le temps d'une journée. Il y retrouve d'autres personnes, participe à des activités adaptées, est encadré par une équipe soignante. Vous, vous avez votre journée.

C'est la solution idéale pour :
- Maintenir un lien social pour votre proche
- Vous offrir du temps régulier sans organisation lourde
- Garder votre proche à domicile plus longtemps

Le tarif moyen tourne autour de 60 à 100 € par jour, mais des aides existent pour réduire ce coût significativement.

L'hébergement temporaire

Votre proche est accueilli en établissement pour quelques jours à quelques semaines. Cela vous permet de partir en vacances, de vous reposer, de gérer une urgence personnelle ou simplement de vous ressourcer.

L'hébergement temporaire peut durer jusqu'à 90 jours par an et peut être financé en partie par l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie). Voyez notre guide dédié sur les prix et démarches de l'hébergement temporaire.

Les unités spécialisées : Alzheimer, UHR, PASA

Tous les établissements ne se valent pas pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Certains disposent d'unités spécifiques :

Unité Alzheimer — accueil de jour ou hébergement dédié aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées. Personnel formé, environnement adapté, activités thérapeutiques ciblées.

PASA (Pôle d'Activité et de Soins Adaptés) — unité intégrée dans un EHPAD, qui accueille la journée des résidents ou des personnes extérieures présentant des troubles comportementaux modérés. Groupes de 12 à 14 personnes maximum.

UHR (Unité d'Hébergement Renforcé) — pour les personnes présentant des troubles comportementaux sévères. Encadrement renforcé 24h/24.

Si votre proche est atteint d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, cherchez en priorité les établissements labellisés avec ces unités — l'accompagnement y est qualitativement différent.

Comment financer le répit ?

L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie)

L'APA est la principale aide publique pour les personnes dépendantes (GIR 1 à 4). Depuis 2016, le plan d'aide intègre un droit au répit pour l'aidant principal, plafonné à environ 530 € par an. Ce montant permet de financer une partie des coûts d'accueil de jour ou d'hébergement temporaire (droit au répit, service-public.fr).

Pour en bénéficier, votre proche doit déjà percevoir l'APA et vous devez être reconnu comme aidant principal — une assistante sociale du Conseil Départemental peut vous accompagner dans cette démarche.

L'Aide Sociale à l'Hébergement (ASH)

Certains établissements sont habilités aide sociale — ce qui signifie qu'ils peuvent accueillir des personnes dont les ressources sont insuffisantes pour couvrir les frais, avec une prise en charge partielle par le Département (aide sociale à l'hébergement, service-public.fr).

Avant de choisir une structure, vérifiez si elle est habilitée aide sociale : c'est un critère important si les ressources de votre proche sont modestes.

Les aides des mutuelles et caisses de retraite

La plupart des mutuelles et des caisses de retraite proposent des aides au répit peu connues — souvent entre 200 et 600 € par an. Il suffit de contacter votre caisse de retraite (Carsat, MSA, RSI) ou la mutuelle de votre proche pour en faire la demande.

Les PCPE (Plateformes de Coordination et d'Orientation)

Pour les aidants de personnes handicapées, les PCPE peuvent financer des solutions de répit via des fonds dédiés. Renseignez-vous auprès de la MDPH de votre département.

Comment trouver une structure près de chez vous

Chercher une structure de répit demande du temps — trop de temps, au moment où vous en avez le moins.

Entour a construit un répertoire de 4 300 structures de répit en France, à partir des données officielles FINESS. Vous pouvez y chercher par département, par type (accueil de jour ou hébergement temporaire), ou par spécialisation (Alzheimer, PASA, UHR, habilitation aide sociale).

👉 Trouver une structure de répit près de chez moi

Les fiches indiquent le tarif indicatif, les contacts directs (téléphone, email, site web), la capacité, et une carte pour situer l'établissement.

Les étapes concrètes pour organiser un séjour de répit

  1. Évaluez les besoins — quel type de répit ? Pour combien de temps ? Votre proche a-t-il des troubles comportementaux nécessitant une unité spécialisée ?

  2. Consultez votre médecin traitant — il peut orienter vers les établissements adaptés et rédiger les documents médicaux nécessaires à l'admission.

  3. Contactez plusieurs structures — les délais d'attente peuvent être longs, notamment pour les unités Alzheimer. Multipliez les demandes.

  4. Montez le dossier APA si ce n'est pas fait — contactez le Conseil Départemental. L'évaluation à domicile est gratuite et ouvre droit aux aides.

  5. Préparez votre proche — expliquez-lui ce qui va se passer. Même avec des troubles cognitifs, un accompagnement progressif (visites préalables, objets familiers) facilite l'adaptation.

  6. Planifiez à l'avance — ne attendez pas d'être en situation de crise. Le répit est plus efficace quand il est anticipé et régulier.

Ce que dit la loi

La loi du 28 décembre 2015 relative à l'adaptation de la société au vieillissement a officiellement reconnu le droit au répit des aidants. Elle a créé une aide spécifique dans le cadre de l'APA et posé les bases d'un accompagnement systématique des aidants.

Plus récemment, la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi a renforcé la prise en compte des salariés aidants, dans la continuité des dispositifs existants — congé de proche aidant, don de jours, aménagement du temps de travail.

Vous avez des droits. Utilisez-les.

Et si le maintien à domicile atteint durablement ses limites, notre guide pour choisir un EHPAD vous aide à préparer une éventuelle entrée en établissement sereinement.

Pour aller plus loin :
- Accueil de jour Alzheimer : comment ça marche, combien ça coûte
- Hébergement temporaire : prix, démarches et aides
- Choisir un EHPAD : coûts, aides et démarches
- Trouver une structure de répit près de chez vous
- Aidant familial : le guide complet des droits et aides en 2026


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